SEPTEMBRE

Nous indiquons ici les saints fêtés cette année en septembre, en mettant plus particulièrement en lumière leur lien éventuel avec le Carmel.



1
Sainte Thérèse-Marguerite du Sacré-Coeur
Carmélite

Née à Florence en 1747, Thérèse-Marguerite Redi entra au carmel de la ville à 17 ans. Mystique pleine d'humilité, infirmière pleine de charité, elle vécut entièrement livrée à l'amour de Dieu avant de mourir à 23 ans. Elle fut canonisée en 1934, ce qui explique qu'Edith Stein, qui vient alors de prendre l'habit sous le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix lui consacre une courte biographie (cf Source cachée, ed. Cerf-Ad Solem 1999), dont voici un extrait:

"Sa maxime favorite était "Dieu est Amour". Et rendre à Dieu amour pour amour allait de soi pour elle depuis son enfance. (...) Mais elle savait aussi que le Seigneur considère comme pierre de touche de notre amour pour lui l'amour que nous témoignons aux siens. Elle trouva le plus beau champ d'action pour son amour du prochain lorsqu'on lui confia, après ses voeux, le soin des malades."

2
Bienheureux martyrs de Paris

Les massacres de septembre 1792 firent de nombreuses victimes à Paris : ils ont été mis à mort au couvent des Carmes, à l'abbaye Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux deux prisons de la Force... Parmi eux des évêques, plus de cent prêtres, deux diacres, et quatre laïcs.
Voici un court extrait du récit d'un témoin:

"Ce qui étonnera sans doute, c'est que je n'ai entendu se plaindre aucun de ceux que je vis massacrer. Plusieurs de ceux qui avaient été se réfugier dans la chapelle (du jardin) reçurent la mort en offrant à Dieu le sacrifice de leur vie. Après avoir un peu assouvi leur rage, les assassins nous ordonnent de rentrer dans l'église, sans cesser de nous tirer des coups de fusil... Nous restâmes là quelques temps à prier... On nous ordonne de cesser nos prières et de nous lever, ce que nous fîmes aussitôt. Un d'eux nous demandent alors sur un ton terrible et menaçant : "Avez-vous prêté le serment ?" Comme je me trouvais le plus près d'eux, je leur répondis que pas un de nous n'avait prêté ni ne prêterait ce serment ; que je devais seulement leur faire observer que la plupart d'entre nous n'y étaient pas obligés et que la loi laissait aux autres la liberté de le prêter ou non. "C'est égal, reprirent-ils, passez, passez, votre compte est fait"."

3
Saint Grégoire le Grand
Pape

Grégoire a commencé sa vie en digne héritier de sénateurs romains, appelé aux plus hautes charges civiles. Mais, à trente-cinq ans, il opte pour la vie monastique : il vit cinq ans de prière intense dans sa propre demeure. Le pape Pélage l'ordonne alors diacre et l'envoie en mission à Constantinople (580-585). Cinq années de service intense après cinq années de solitude. Puis viennent encore cinq années de vie monastique. Mais à la mort de Pélage, Grégoire est élu pape, en 590. Dans Rome alors dévastée par la peste, il se dévoue aux pestiférés et s'occupe de nourrir le peuple dans la misère: "Le patrimoine de l'Eglise est la propriété des pauvres", dit-il. Il affronte la poussée des Barbares, lutte pour la réforme du clergé et envoie des missionnaires en terre inconnue. Souvent malade, il déploie une énergie étonnante, et il est l'image du Bon Pasteur, jusqu'à sa mort, le 12 mars 604. Il a vécu la transition difficile où l'empire romain s'écroule et où l'Eglise s'en dissocie pour annoncer aux peuples barbares l'Evangile.

"Ce qui rend nos voix perceptibles et fortes aux oreilles très secrètes de Dieu, ce ne sont pas nos paroles mais nos désirs. Si nous demandons la vie éternelle du bout des lèvres mais que nous ne la désirons pas du fond du coeur, nous nous taisons même si notre bouche crie. C'est dans le désir que se trouve cette secrète clameur qui ne parvient pas aux oreilles humaines mais qui remplit l'ouüe du Créateur"
(Moralia XXII, 43)

8
Nativité de la Vierge

Encore une invitation à entrer dans le mystère de l'humanité du Christ Jésus, vrai Dieu et vrai homme.

En ce jour,le 8 septembre 1890, Thérèse de l'Enfant Jésus fit profession au carmel de Lisieux... Une grande étape dans son chemin vers la sainteté, si marial, en toute discrétion.

9
Saint Pierre Claver
prêtre

Pierre Claver naquit en Espagne, en 1580. En 1596 il partit étudier les lettres et les arts à l'université de Barcelone et entra dans la Compagnie de Jésus en 1602. Spécialement encouragé par saint Alphonse Rodriguez, portier du collège de la Compagnie à Majorque, il répondit à la vocation missionnaire. Ordonné prêtre en 1616 dans la mission de Colombie, c'est là que, jusqu'à sa mort, il exerça son apostolat parmi les Noirs réduits en esclavage, s'étant lié à eux par un voeu spécial. Epuisé, il mourut à Carthagène, en Colombie, le 8 septembre 1654. Il fut canonisé en 1888 par Léon XIII.

12
Bienheureuse Marie de Jésus
Carmélite

La réforme carmélitaine commence à peine : Maria a deux ans quand Thérèse de Jésus fonde le premier couvent d'Avila, en 1562. Maria a dix-sept ans quand elle entre au carmel de Tolède en 1577. Novice, elle a la joie d'entendre saint Jean de la Croix parler de Dieu et chanter ses poèmes. Elle a pris des notes, qui nous sont heureusement parvenues. Maîtresse des novices puis prieure, elle passe sa vie de carmélite "cachée avec le Christ" en Dieu et meurt à quatre-vingts ans.

13
Saint Jean Chrysostome
Evêque

Né vers 349 à Antioche, Jean a passé la trentaine quand il est ordonné diacre, en 381. Il y exerce son ministère pendant douze ans. Il mérite déjà son surnom de "Bouche d'Or". Sa prédication est simple et puissante. En 398, il devient évêque, patriarche de Constantinople, la ville au coeur des intrigues politiques et religieuses de son temps. Sa parole tranchante fustige les mauvais riches, les hérétiques et prône la charité envers les pauvres, corps du Christ qu'il faut vêtir et nourrir. Ses controverses avec les Juifs l'entraînent, hélas, à des paroles si véhémentes qu'elles sont souvent citées parmi les plus antijudaèques. La douceur n'est pas son fort, mais la fougue et la verve. Il meurt le 14 septembre 404, épuisé, sur la route de l'exil à cause de son opposition à l'impératrice Eudoxie.

14
La Croix Glorieuse
Fête

Nous fêtons en ce jour le mystère paradoxal de la Croix. La date est liée à une circonstance bien précise : le 14 septembre 335 a lieu en grande pompe la dédicace de la basilique de la Résurrection, érigée sur le tombeau du Christ. On y aurait découvert des fragments de la vraie croix du Christ. La cérémonie de l'ostension de cette croix donna le nom à la fête : exaltation de la Croix. L'empereur Hadrien avait cherché à supprimer et décourager les juifs et les chrétiens de Terre Sainte. Il avait fait construire sur le Calvaire une vaste esplanade avec les statues de Jupiter et de Vénus. Lorsque l'empire devint officiellement chrétien, sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, fit détruire l'esplanade et fit faire des fouilles : c'est alors que furent identifiées trois croix.
L'empereur Constantin avait vaincu Maxence et s'était converti, dit-on, en voyant comme signe de victoire une croix lumineuse dans le ciel avec ces mots : "Vous vaincrez par ce signe".
Ce mot d'ordre reste vrai, symboliquement, réellement, pour tout disciple du Christ.

15
Notre-Dame des Douleurs

16
Saint Corneille et saint Cyprien
Evêques et martyrs

Saint Cyprien de Carthage était un pasteur plein de douceur et de fermeté. Attaché au service de communion de l'évêque de Rome, il sut aussi le rappeler en 254 (Il s'agissait du pape Etienne) à plus d'humilité et souligner l'autonomie des synodes d'évêques africains. Il demeure le modèle de l'évêque catholique, portant la sollicitude de toutes les Eglises. Cyprien avait fui en 250 la persécution de Dèce pour mieux dé fendre le troupeau. Il rentre alors que sévit la peste et organise les secours. En 258, il juge que le temps est venu : sachant que sa tête est mise à prix, il rentre à Carthage pour aider son peuple. Il est décapité le 14 septembre.

Corneille, élu pape en 250, avait été un grand ami de Cyprien mais il était mort en exil, en 253. En les fêtant ensemble, l'Eglise reconnaît la grandeur de l'amitié spirituelle, comme elle le fait en associant aussi le même jour Basile et Grégoire.

"Ne rien préférer au Christ puisqu'il nous a préférés à tout."
(Saint Cyprien, dans son commentaire du Notre Père)

17
Saint Albert de Jérusalem
Evêque

Albert, évêque de Verceil est élu patriarche de Jérusalem en 1205. Il réside à Saint-Jean-d'Acre et voit l'avancée des troupes du Sultan sur celles des Croisés. Quelques Croisés, avec d'autres laïcs, sont devenus ermites sur le mont Carmel. En 1208, Albert leur donne une courte "formule de vie", la Règle du Carmel : vivre dans l'allégeance au Christ, comme des chevaliers à leur Seigneur ; tout miser sur la prière, à vivre "nuit et jour". Le 14 septembre 1214, Albert est assassiné par un prélat qui se vengeait ainsi d'avoir été déposé pour inconduite. Mort sous les coups d'un faux frère chrétien à quelques lieues de l'armée sarrasine !

"Ceignez vos reins de la ceinture de la chasteté. Fortifiez votre coeur par de saintes pensées car il est écrit : la pensée sainte te gardera. Revêtez la cuirasse de la justice en sorte que vous aimiez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur, de toute votre âme et de toute votre force, et votre prochain comme vous-mêmes. Prenez en toutes choses le bouclier de la foi, qui vous permettra d'éteindre tous les traits enflammés du malin, car sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Couvrez-vous aussi du casque du salut en sorte que vous n'attendiez celui-ci que du seul Sauveur qui sauve son peuple de ses péchés. Que le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu, habite en plénitude dans votre bouche et votre coeur, et que tout ce que vous avez à faire soit fait selon la parole du Seigneur."
(Règle du Carmel)

L'Eglise fête aussi en ce jour saint Robert Bellarmin, jésuite et cardinal, penseur et pasteur (1542-1621).

20
Saints André Kim Tae-gong, Paul Chong Hasang
et leur 101 compagnons
Martyrs en Corée

André Kim est un laïc coréen qui s'intéressa à la foi catholique au point d'aller se renseigner en Chine, et à son retour au pays, il fut à lui seul le point de départ de toute une communauté florissante.
Les premiers missionnaires ne prirent contact avec cette communauté de laïcs chrétiens qu'une centaine d'années après : André Kim leur avait donné quelques signes pour les reconnaître.
La persécution se déclencha ensuite à plusieurs reprises, et des centaines de croyants donnèrent leur vie. Parmi eux se trouvaient André Kim, prêtre. Ils ont été canonisés par Jean-Paul II en 1984 pour le témoignage de foi qu'ils ont donné.

Aujourd'hui la Corée du Sud est le troisième pays d'Asie en nombre de catholiques, après les Philippines et l'Inde. Chaque année, de nombreuses personnes demandent le baptême et se joignent à la communauté des croyants, selon l'expression des Actes des Apôtres.

21
Saint Matthieu
Apôtre et évangéliste

23
Saint Pio de Pietrelcina
"Padre Pio"

Il naquit le 25 mai 1887 à Pietrelcina et reçut le nom de François. A 16 ans, il entra au noviciat de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins à Morcone, où, le 22 du même mois, il revêtit l'habit et reçut le nom de Frère Pio. En 1907, il s'engagea par les voeux solennels avant d'être ordonné prêtre en 1910. Il dut retourner dans sa famille jusqu'en 1916 pour des raisons de santé. En septembre de la même année, il fut envoyé au couvent de San Giovanni Rotondo et il y demeura jusqu'à sa mort.
Il disait: "Dans les livres nous cherchons Dieu, dans la prière nous le trouvons. La prière est la clé qui ouvre le coeur de Dieu. "
Il manifesta son amour du prochain en accueillant, pendant plus de cinquante ans, de très nombreuses personnes, qui accouraient à son confessionnal. Il était comme assiégé : on le cherchait à l'église, à la sacristie, au couvent. Et il se donnait à tous, apportant la lumière. Mais il voyait l'image du Christ particulièrement dans les pauvres, en ceux qui souffrent ou qui sont malades, et il leur consacrait spécialement son temps.
Il répétait souvent: "Je veux être seulement un pauvre frère qui prie".
Il mourut le 23 septembre 1968, à l'âge de 81 ans. Ses obsèques furent célébrées en présence d'une foule tout à fait extraordinaire.

Le 20 février 1971, à peine trois ans après sa mort, Paul VI disait de lui: "Regardez quelle renommée il a eue, quelle audience mondiale il a rassemblée autour de lui! Mais pourquoi? Peut-être parce qu'il était un philosophe? Parce qu'il était un sage? Parce qu'il avait des moyens à sa disposition? non, parce qu'il célébrait la Messe avec humilité, confessait du matin au soir, et était, c'est difficile à dire, un représentant de notre Seigneur marqué de ses stigmates. C'était un homme de prière et de souffrance."

Il a été canonisé en 2001.
(Notice établie d'après le texte que l'on peut trouver sur le site du Vatican)

27
Saint Vincent de Paul
Prêtre

Vincent naquit en 1581 près de la ville de Dax, humble paysan des Landes qui resta toujours attentif aux petits, même en fréquentant les grands du royaume de France. Il est ordonné prêtre en 1600. Prisonnier des Turcs puis libéré, il va à Paris et il y fait la rencontre de Pierre de Bérulle, qui deviendra son directeur de conscience. En 1612, il est nommé curé à Clichy. Puis il se fait embaucher comme précepteur des Gondi. Mais le service des plus pauvres l'appelle irrésistiblement et il part pour devenir "Monsieur Vincent", l'apôtre de la charité. Il quitte donc le service des Gondi en 1617, même si ceux-ci le soutiendront toujours de leur fortune.

Son choix est d'abord d'être pauvre lui-même, pour se faire proche des pauvres. A Châtillon tout d'abord, en terre bressane. Et puis le soin des pauvres galériens. La confrérie des prêtres de la Mission ensuite, qui se proposait de "convertir les catholiques au catholicisme, chose de tout temps difficile" (selon André Frossard, dans sa biographie de "Vincent Depaul"). Et puis il envoie les femmes se mettre au service des plus pauvres, qu'elles soient princesses ou paysannes : Louise de Marillac et Marguerite la bergère sont ses premières dicsiples. Elles deviennent filles de la Charité.
"Sans cesser d'être aumônier général des galères, protecteur des prisonniers, supérieur de la Visitation (nouvellement créée par saint François de Sales), directeur des Dames et des Filles de la Charité, supérieur général de la Mission et pasteur de la confrérie de la Charité, il est ou sera l'âme de quantité d'autres oeuvres dont chacune suffirait à remplir l'existence d'un homme ordinaire". (A. Frossard) Il va même convaincre ses auxiliaires de s'occuper des enfants abandonnés, qui, avant lui, ils mouraient dans la rue. Il a su rallier la France et la séduire en vue du bien par sa douceur et sa force de conviction.

Visitez le site des filles de la Charité aujourd'hui partout dans le monde ; c'est l'esprit de saint Vincent

28
Saint Laurent Ruiz et ses compagnons
Martyrs à Nagasaki

Né à Manille, dans les Philippines, vers 1600, Laurent était un pieux laïc marié. Il accompagna une mission secrète des dominicains au Japon. Lui et ses compagnons, Guillaume Courtet (natif de Béziers), Vincent Shiwozuka, Michel Aozaraza, Antoine Gonzales et Lazare de Kyoto, furent poussés vers Okinawa par une tempête. Ils furent alors faits prisonniers et furent horriblement torturés puis tués par les Japonais. Entre 1633 et 1637, 16 martyrs versèrent leur sang pour le Christ à Nagasaki (Japon). Ils furent canonisés par Jean-Paul II en 1987.

29
Saints Michel, Gabriel et Raphaël
Archanges

30
Saint Jérôme
Prêtre

Jérôme naît dans la contrée danubienne en 331. Toute sa vie, il voit sans complaisance l'empire romain décadent, un empire qui, malgré le despotisme impérial, avait conservé toutes les formes républicaines et étale son luxe alors que la misère augmente. Jérôme prit le nom d'Eusèbe, nom de son père, selon une coutume du temps. Comme les jeunes gens, de toutes les parties de l'Empire se rendaient en Italie pour y finir leurs études, Jérôme quitta Stridon pour aller à Rome, où l'on croit qu'il étudia sous le célèbre Victorin, professeur d'éloquence, qui se convertit au christianisme, au grand dam des païens.
Jérôme visita ensuite la Gaule, puis Trêves et les bords du Rhin avant de se diriger vers l'Orient. Arrivé à Antioche, il assista aux leçons publiques sur l'Ecriture de différents maîtres d'alors. La philosophie de Platon régnait souveraine en Orient, et l'école d'Alexandrie, qui en était héritière, la mêlait au christianisme. Les hérésies ne manquaient pas. Défenseur de la foi catholique, toujours avide de Dieu, il s'installa dans le désert au Sud-est d'Antioche.
De tous les ouvrages de saint Jérôme, ce sont ses Commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament que l'on estime le plus, tant par l'ampleur que par la rigueur du travail. Il eut l'intelligence d'aller auprès des juifs se renseigner sur le sens des Ecritures afin de la traduire au mieux : la traduction de la Bible en latin (à partir de l'hébreu) allait être son oeuvre. Accablé tant par les maladies que par l'âge, saint Jérôme mourut en 420, à quatre-vingt-dix ans. L'empire d'Occident n'existait plus et l'empire d'Orient allait perdre toutes ses provinces de l'Asie. Mais l'oeuvre de Jérôme traverserait les siècles...