Si nous soumettons par amour pour le Seigneur notre volonté et notre raison, il nous rend maîtres de l'une et de l'autre. Une fois en possession de cet empire sur nous-mêmes, nous pouvons nous consacrer avec perfection au service de Dieu. Nous lui offrons une volonté pure, afin qu'il l'unisse à la sienne et nous le prions d'envoyer du ciel le feu de son amour pour qu'il consume ce sacrifice et fasse disparaître tout ce qui pourrait lui déplaire. (Fondations, chap. 5)
Il est des âmes - et beaucoup s'en sont ouvertes à moi - qui, une fois élevées à la contemplation par Notre Seigneur, voudraient toujours y demeurer mais cela n'est pas possible. Ce que l'âme désire, c'est de s'occuper tout entière à aimer, et ne point faire autre chose ; mais elle aura beau le vouloir, elle n'y réussira pas. Car bien que la volonté ne soit pas morte, le feu dont elle brûle d'ordinaire est comme atténué et il faut que quelqu'un le ravive pour qu'il répande sa chaleur. Or serait-il bon pour l'âme de rester en cet état de sécheresse et d'attendre comme notre père saint Elie le feu du ciel qui doit consumer le sacrifice qu'elle fait alors d'elle-même à Dieu ? Non évidemment et il ne convient point d'attendre un miracle. Le Seigneur en fait en faveur de cette âme quand il lui plaît, nous l'avons dit et nous y reviendrons encore, mais il veut que nous nous en estimions indignes et que nous nous aidions nous-mêmes autant qu'il nous est possible. Pour moi je suis convaincue que jusqu'au dernier soupir, à quelque sublime oraison que l'on se trouve élevé, c'est ainsi qu'il faut se comporter (Sixièmes demeures, chap. 7)